Rétrospective : 2015, l’année des espoirs brisés

souhayla_2610899_465x348

Par : Nouri Nesrouche

       Quotidien National El Watan      31/12/2015

Sur le podium des évènements qui ont le plus marqué les Constantinois, l’on retrouve le fameux scandale dit des 32 villas, qui a mené à l’emprisonnement du maire, mais surtout les lamentables ratages de la manifestation culturelle de 2015.

Qu’est-il arrivé aux Constantinois de bon et d’inoubliable durant cette année 2015 qui s’achève aujourd’hui au premier coup de minuit ? La réponse à cette question n’est pas très difficile pour beaucoup, et même ceux qui d’habitude ne voient que la partie pleine du verre trouveraient du mal à construire un argumentaire solide. Pourtant, aux tableaux des résolutions, 2015 devait apporter beaucoup de bien à la population. On nous enviait presque les promesses (par tonnes), formulées dans le sillage de l’évènement Capitale de la culture arabe, notamment. En fin de cycle, les cyniques l’ont encore emporté.
Commençons d’abord par quelques perles rares qui ont tout de même égayé le calendrier 2015. Pêle-mêle, les médailles d’or raflées par des champions Constantinois du Handisport lors du championnat du monde d’athlétisme au Qatar, l’ouverture (enfin) du contournement de Djebel el Ouahch, et le succès du Dimajazz font l’unanimité. Il y en a sans doute davantage d’heureux évènements et chacun peut s’amuser à confectionner sa propre liste positive.
Cependant, dans la balance générale, il nous semble que les déceptions ont fait plus fort. La corruption et le gaspillage de l’argent public ont entaché l’évènement culturel de l’année, les inondations d’Ali Mendjeli ont fait des morts, la fonction de président de l’APC a été souillée par l’emprisonnement du maire Seif-eddine Rihani, et aussi des milliers de familles à qui on promet le relogement depuis des années, ont fini par déchanter.
2015 s’achève justement sur le soulèvement des habitants de Boudraâ Salah à cause de ces promesses non tenues de relogement. Des accrochages violents, des blessés et des arrestations, en plus de la paralysie de la moitié de la ville, suite à la fermeture par la force d’un axe névralgique. En amont et en aval de la protesta, les autorités locales ont été passives et surtout, à cours d’idées.
Au moment où à Alger, par exemple, le wali Abdelkader Zoukh distribue mensuellement des milliers de logements, Hocine Ouadah ne fait que distribuer des avertissements, sans suite, à des promoteurs et des entrepreneurs qui se moquent des délais et de tout le reste. LPA, Cnep-Immo, LSP, etc., toutes les formules trainent. Les bénéficiaires des pré-affectations de logements sociaux meurent d’attendre. «La RHP m’a tué», ironise un quinquagénaire inscrit sur la liste depuis … 20 ans !
Capitale de la désillusion
Le fiasco est total sur ce registre. Mais encore, coté qualité de vie, les Constantinois ont vu de toutes les couleurs cette année. Le drame a eu lieu en août dernier quand des pluies torrentielles sont venues démontrer, une fois de plus, que l’infrastructure est faible, voire frappées de malfaçons. Quatre morts, des dizaines de blessés et des millions de dinars en dégâts matériels et surtout un constat : la ville d’Ali Mendjeli n’a pas de réseau d’assainissement !
Oui, les pots de vin ont fait des victimes en 2015 ! Cette année aussi a sonné la fin d’un gros scandale (à l’échelle locale), celui dit des 32 villas. Trois personnages ont été poursuivis en justice, l’un d’eux occupant la noble fonction de président de l’APC de Constantine. A cause de lui, et à cause du FLN, cette fonction est frappée désormais du sceau de l’infamie, et il en faudra beaucoup pour la réhabiliter aux yeux de la population locale.
Enfin, on arrive à l’évènement qui devait redorer le blason de Constantine. C’est comme ça que le discours officiel nous a vendu la manifestation Capitale de la culture arabe. Un budget faramineux et un résultat scandaleux. La montagne a accouché d’une souris finalement, et tous les espoirs se sont évaporés.
La liste des ratages est interminable, sans parler du gaspillage et des détournements à échelle industrielle : On a refait les trottoirs au prix du mètre carré le plus cher au monde, les escaliers du Coudiat à 70 millions la marche, et aussi on a construit un Zénith qui a couté au moins sept fois son prix. Une grosse et grossière opération de prédation qui a poussé les Constantinois à en détourner rapidement les yeux.
Un froid sidéral s’est installé entre la population et les organisateurs qui ne s’expliquent pas le boycott des activités. La liste négative est encore longue, mais faute d’espace, arrêtons-nous ici, en espérant des jours meilleurs pour l’année qui pointe.

Publicités

Constantine-Grenoble : L’ambassadeur de France relance l’accord de jumelage.

11293301_10205226342435848_1318978781_o (1)

Par :

Naïma Djekhar ( Quotidien El Watan le 25.11.15)

Il est fort à parier que l’accord de jumelage entre Constantine et Grenoble connaîtra, dans les mois à venir, un second souffle. Et il ne peut pas être autrement, puisque l’ambassadeur de France à Alger compte effectivement s’y impliquer.
Il aurait donc fallu la visite de Bernard Emié à Constantine pour célébrer l’armistice du 11 Novembre 1918, pour que l’accord en question soit dépoussiéré et remis à l’ordre du jour. En effet, le diplomate français, dont c’est la troisième visite à la capitale de l’Est depuis sa prise de fonctions, il y un an et demi, s’est entretenu à cet effet avec le wali, Hocine Ouadah, et le nouveau maire de la ville des Ponts, Mohamed Rira.
«J’ai eu des discussions avec le wali et nous avons abordé, entre autres questions, celle de relancer l’accord de jumelage entre Constantine et Grenoble», a déclaré Bernard Emié lors d’une conférence de presse tenue à l’Institut français de Constantine (IFC) au lendemain des célébrations. Le fait d’avoir comme interlocuteur dans ce dossier un nouveau maire a, peut-être, été une motivation supplémentaire pour ressusciter l’accord de jumelage entre les deux villes.
Un accord qui a suscité beaucoup d’optimisme, mais aussi fait couler beaucoup d’encre depuis qu’il a été scellé, il y a plus de quinze ans. Le premier protocole d’accord a été signé en novembre 1999 à Constantine, renforcé par un accord de coopération décentralisée, en 2002. Le bilan de ce partenariat reste des plus mitigés et la dynamique d’échanges n’a pas atteint sa vitesse de croisière. La matérialisation de certains projets s’est articulée autour de trois principaux volets d´intervention, à savoir la coopération technique entre les deux villes et les jumelages en rapport avec le domaine socioculturel et entre les différentes institutions, telles que la cour de justice, le centre hospitalo-universitaire et l’université.
A propos de cette dernière institution, l’ambassadeur a rappelé qu’il existe 60 accords universitaires entre la France et les universités de Constantine, notamment dans le cadre du programme boursier Proface qui vise à promouvoir l’enseignement de la langue française en Algérie. «Nous sommes très contents de la dynamique de la langue française en Algérie, il y a 11 millions d’Algériens qui utilisent ‘ce butin de guerre’ pour paraphraser Kateb Yacine. Aujourd’hui, il y a 275 millions de francophones dans le monde, en 2060, ils seront 700 millions…», a-t-il conclu.

La France va célébrer l’Armistice de 1918 à Constantine.

monument-395x500

Par :

Kaci Haider  10/11/2015 in Algérie1.

La France a décidé de célébrer, cette année, l’anniversaire de l’Armistice de 1918 en Algérie pour rendre hommage aux combattants algériens de la Première Guerre mondiale. Et c’est la ville de Constantine qui a été choisie pour abriter ces festivités commémoratives prévues demain mercredi.

Le choix s’explique, selon le communiqué de l’ambassade de France à Alger, par le fait que « Constantine fut la première ville d’Algérie à décider la construction d’un monument aux victimes de la Grande Guerre. La première pierre étant posée le 18 novembre 1918, sur le rocher de Sidi M’Cid dominant la plaine du Hamma de plus de 200 mètres. Il fut financé par des subventions de la ville, de communes environnantes et de nombreux particuliers. Les travaux s’étalèrent sur douze ans et le monument fut inauguré le 7 mai 1930 par Gaston Doumergue, Président de la République Française, accompagné de nombreuses personnalités de l’époque.

Cet arc de triomphe de 21 mètres de hauteur offre un panorama exceptionnel. Il est inspiré de celui de Trajan situé dans les ruines de Timgad. Il est surmonté d’une statue de la victoire réalisée par le sculpteur Ebstein, inspiré d’une statuette romaine en bronze nommée la victoire de Constantine, retrouvée lors de fouilles dans la cour de la Casbah (visible au musée Cirta). Sous les arches du monument, dans les quatre niches creusées se trouvaient les bustes des maréchaux vainqueurs de la Grande Guerre : Foch, Joffre, Franchet d’Esperey et Pétain ».

Toujours selon la même source, « aujourd’hui l’une d’entre elles abrite les plaques gravées en mémoire des 809 soldats originaires de Constantine et ses environs, décédés au cours de ce conflit. Cette œuvre architecturale, à laquelle on a accès après avoir gravi 36 marches, n’a toutefois pas été totalement terminée. En effet, faute de crédits, les six lions de marbre qui devaient agrémenter l’esplanade du site n’ont jamais été réalisés par le sculpteur Joseph Alexandra ».

L’opération de  remplacement  des plaques endommagées par un ensemble en marbre gravé a été financée par l’ambassade de France en Algérie, selon le même communiqué.

La célébration de cette date à Constantine s’inscrit, selon l’ambassade de France, dans le cadre des commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale pour rendre « un vibrant hommage aux soldats de la ville, victimes de ce conflit et par là même à tous ceux qui sont tombés pour défendre la Liberté ».

L’Ambassadeur de France sera présent à cette cérémonie aux cotés de l’ambassadeur d’Allemagne en Algérie en signe de « la réconciliation qui a prévalu entre les deux pays, afin de construire ensemble l’avenir d’un monde meilleur ».

Vieille ville de Constantine : Les locataires, obstacle ou boucs émissaires ?

Moudjahed

PUBLIE LE : 29-10-2015     

      EL MOUDJAHID

Par : Issam Boulksibat

Constantine est considérée, eu égard à son histoire, parmi les précurseurs des villes. Voici là l’un des nombreux poncifs qui collent à l’antique Cirta. Cependant, si la Médina, qui constitue l’âme de la ville tout entière, a toujours été au centre des préoccupations des autorités publiques, en témoignent les plans successifs de préservation initiés depuis les années quatre-vingt-dix, le visage qu’elle présente en cette année culturelle contraste fortement avec ce à quoi l’on pourrait s’attendre. En effet, la majorité des chantiers qui y ont été lancés à l’orée de l’événement «Constantine Capitale de la Culture arabe» sont en berne, pour ne pas dire carrément à l’arrêt, et n’étaient-ce quelques échafaudages dressés ça et là par les entreprises chargées des travaux, rien n’indique qu’une opération de réhabilitation d’envergure s’y déroule. Selon Fodil Bouchedja, président de l’Association des Propriétaires de la Vieille Ville, laquelle active depuis le début des années 2000, il n’y a pas eu, à proprement parler, de travaux : «Ceux en charge de la réhabilitation ont choisi quelques bâtisses, propriété de l’État, situées au niveau de la rue Mellah-Slimane, artère principale du quartier de la Souika. L’ouvrage a été bâclé, la preuve, ces bâtisses commencent déjà à tomber en ruine», a-t-il affirmé. Notre interlocuteur fait même état d’actes de vandalisme enregistrés au niveau de certains lieux devant être réhabilités, à l’image de la maison Kherouatou ou encore du sabat Cheikh El Arab, et ce après l’abandon des chantiers. «Même les échafaudages ont été volés», a-t-il ajouté. Selon lui, les échecs successifs des opérations de réhabilitation incombent au fait que «près de 98% des habitants de la vieille ville sont des locataires». Se défendant de vouloir jeter la pierre à ces derniers, il explique : «Le drame de la vieille ville, c’est que la plupart de ceux qui y habitent n’ont pas d’attache sentimentale aux lieux, et dans leur tête, ils ne sont là que dans l’attente d’être pris en charge et relogés par les autorités. C’est un peu légitime de leur part, car ils n’ont pas d’autres choix». Cependant, M. Bouchedja, dont l’association a été partie prenante, en 2003, de l’élaboration du «Master plan» initié par le président de la République et consistant en la mise en valeur du patrimoine immobilier et de sauvegarde des tissus urbains de la médina, n’hésite pas à pointer du doigt certains comportements émanant des occupants actuels des lieux, notamment le recours à la fragilisation, voire carrément à la destruction des bâtisses, et ce afin de pouvoir bénéficier du statut de sinistrés, et, par voie de conséquence, être relogés en priorité : «Certains locataires favorisent, par le biais de procédés dont nous avons pris connaissance, l’écroulement des vieilles bâtisses, et ce notamment durant les périodes de fortes intempéries». Pour lui, la solution passe par l’évacuation pure et simple de la vieille ville : «Nous avons, depuis la création de l’association, demandé à ce que ces locataires soient prioritaires en ce qui concerne l’attribution de logements sociaux. Du côté des propriétaires, plusieurs procédures judiciaires ont été lancées, mais cela demande du temps et surtout beaucoup d’argent», a-t-il soutenu. Autre exemple illustrant la complexité du plan de réhabilitation, le cas des maisons, échoppes et foundouks de Rahbat El Djamal, place mythique située derrière le bâtiment abritant le Théâtre régional de Constantine. En effet, les locataires des magasins se trouvant dans ce quartier à forte vocation commerciale, de même que les résidants, rechignent jusqu’à l’heure actuelle à quitter les lieux, entravant le chantier, et ce en dépit des assurances données par l’ex-ministre de la Culture, Mme Nadia Labidi, laquelle effectuera même un déplacement sur les lieux en décembre 2014. Il est à rappeler que les habitants de la vieille ville, particulièrement ceux de la Souika, disposent pour nombre d’entre eux de bons de préaffectation leur octroyant le droit d’être relogés, un quota de 500 logements par an leur ayant été réservé dans le cadre du plan de résorption de l’habitat précaire. Il est également à rappeler que la réhabilitation de la Souika, coïncidant avec le déroulement de la manifestation «Constantine Capitale de la Culture arabe », a été confiée à 21 bureaux d’études, chapeautés par l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels (OGEBC). Cette opération concerne, en plus des habitations, des foundouks, des derbs, des bains maures, ainsi que neuf mosquées et six zaouïas, et a bénéficié d’une enveloppe estimée à 7.7 milliards de dinars.

Des travaux à l’arrêt et des sites historiques menacés.

 

menace

 

La mosquée Sidi Affane, datant du Xe siècle, se dégrade.

 

 

 

C’est une véritable sonnette d’alarme que les représentantes de la direction des affaires religieuses ont tiré hier en donnant un état des lieux peu reluisant sur les travaux de réhabilitation, lancés en février 2014, et qui demeurent encore à l’arrêt depuis novembre 2014.

 «Nous lançons un appel pressant à toutes les autorités, notamment le wali de Constantine, la direction de la culture, maitre d’ouvrage délégué et l’OGEBC, pour user de tous les moyens afin de permettre la reprise des travaux, car il y va de l’avenir d’un pan de l’histoire de la ville de Constantine», a déclaré hier Amina Souissi, architecte chargée de ce dossier auprès de la direction des affaires religieuses, lors de l’émission Forum de la radio de Constantine.

Depuis l’arrêt des chantiers de réhabilitation de 11 mosquées et 8 zaouïas situées dans la vieille ville, les riverains n’ont cessé d’alerter sur la dégradation de ces lieux, dont la structure ayant subi des décapages en règle, fait face à un ennemi redoutable : les dures conditions climatiques (pluie, froid, et humidité).

Parmi les sites concernés se trouvent des mosquées datant de plusieurs siècles comme la mosquée de Sidi Affane, située à la rue Benzeggouta, construite au 10ème siècle, et Djamaâ El Kebir de la rue Larbi Ben M’hidi, réalisé en 1136, mais aussi la mosquée Sidi El Kettani, construite par Salah Bey en 1776, et autres Sidi Lakhdar, d’une valeur patrimoniale et historique inestimable. Pour Amina Souissi «il demeure urgent de mettre en place des moyens pour protéger ces lieux contre les risques de dégradation, surtout que nous sommes aux portes de l’hiver».

La wilaya, mauvais payeur

A défaut d’une réaction sérieuse, notamment de la part des autorités de la wilaya de Constantine, préoccupés beaucoup plus par le contournement de Djebel Ouahch de l’autoroute Est-Ouest, le cri de détresse des services des affaires religieuses semble résonner dans le vide, car même la direction de la culture et l’OGEBC semblent dans l’incapacité de trouver une solution à cette impasse, et seul le ministère de la Culture a la possibilité de débloquer cette situation, mais malheureusement la volonté n’y est pas.

Pour rappel, les chantiers de réhabilitation qui ne concernent pas uniquement les lieux de culte, mais toute la vieille ville, sont à l’arrêt en raison d’un vide juridique dans le code des marchés publics algérien, où l’on n’a pas prévu le cas des entreprises mixtes, nées suite à un partenariat entre les bureaux d’études étrangers et nationaux, ce qui a débouché sur un problème de paiement, notamment en devises. L’arrêt de toute l’opération a poussé aussi les entreprises de réalisation à quitter les lieux, faute d’avoir perçu leurs situations financières.

Ce qui était attendu comme une opération salutaire pour sauver le patrimoine architectural de la vieille ville, à l’occasion de l’évènement de Constantine capitale de la culture arabe, est devenu une véritable malédiction. Notons que le volet réservé aux lieux de culte a bénéficié d’une enveloppe de 1,690 milliard de dinars pour les mosquées et 328 millions de dinars pour les zaouïas. Des travaux, dont une partie devait être réceptionnée avant le lancement de l’évènement culturel de 2015, mais rien de tout cela n’a eu lieu.

Arslan Selmane ( El Watan 20/10/2015)

Commissariat de la manifestation de 2015 de 2015 : Une démission et des accusations

Le Chef de département communication et Porte-parole officiel de Constantine capitale de la culture arabe 2015, vient de claquer la porte du commissariat de l’évènement. Mme Faouzia Souici a démissionné dimanche de son poste en adressant une longue lettre à la ministre de la culture, Mme Nadia Labidi, sous forme de déballage où il est question de dysfonctionnements et de prédateurs qui auraient réussi à détourner les fonds de la manifestation. Des pratiques que dénoncent Mme Souici qui avoue cependant, avoir cru à l’impact positif que pourrait avoir la manifestation sur Constantine.

«Cet événement pouvait apporter un plus à ma ville, par la création de nouvelles traditions de vie culturelle dans une cité au bord de l’implosion. Je voulais faire de l’événement une plus-value en termes d’apport économique, de créations d’emplois dans le secteur de la culture, de création de partenariat «productif» entre tous les acteurs du secteur culturels en hibernation et les pouvoirs publics, afin de fructifier un tant soit peu l’investissement colossal de l’état et, éviter de faire de ses réalisations des opéras ou ne rodent que des fantômes sans vie.» Selon la désormais ex responsable de la communication, cette volonté s’est heurtée à des clans aux intentions pernicieuses : «A la tête du département communication je n’ai pu réaliser cette tache … et pour cause mon opposition au clan de prédateurs, qui  ont voulu confiner ma mission de chef de département, et porte-parole officielle de l’événement a un rôle de faire-valoir».

Dans la lettre dont El Watan détient une copie exclusive, la rédactrice explique avec force d’exemples les pratiques qui régneraient au sein du commissariat. Elle écrit: «Cette méthode de travail m’a valu une campagne orchestrée, dont l’objectif est de me pousser à partir, car j’ai touché aux intérêts directs de ce groupe qui a pris en otage le commissariat avec au départ un silence, inexpliqué  puis  complice… puis un franc appui du commissaire de l’événement. Ce groupe formé  à cette occasion est recruté sous forme de conseillers particuliers, dépêché d’Alger, (fils d’un haut cadre du ministère des affaires étrangères) ou, recrutés directement à Constantine parmi ceux connus pour avoir trempé dans des affaires scabreuses dans le monde du spectacle, ou encore ceux qui à l’heure actuelle se trouvent sous enquête judiciaire pour escroquerie».  

 Nouri Nesrouche ( Quotidien El Watan 17/02/15)

constantine_2476394

La vieille ville s’écroule………

Souika5

Cette maison se trouvant dans la vieille ville de Constantine s’est effondrée ce vendredi 30/01/2015, en début d’après midi, vers 12h 30. Par miracle, il n’y a eu aucune victime à déplorer. Elle se trouve en plein milieu de la rue Mellah Slimane (ex Perrégaux). Une des principales rues commerciales de la Médina de Constantine, Souika3la traversant de bout en bout et sensée être en réhabilitation depuis belle lurette, alors que ce n’est nullement le cas. Pire, depuis cet énième (car deux autres maisons sont tombées jeudi dans le même périmètre) effondrement donc avant-hier , les services de notre inqualifiable Mairie (ni d’aucune autorité locale ou journaliste, d’ailleurs !) , n’ont pas daigné se déplacer ni pour s’enquérir de la situation, ni même pour déblayer la rue afin de dégager le passage pour permettre à ‘’la populace’’ de se déplacer sur cet axe, ô combien important !

Fodil Bouchedja 01/02/2015

 

Des décharges à ciel ouvert.

pagaille

                                                               Par :
                         Arslan Selmane ( Quoditien El Watan 26/12/2014)

Le décor ne passe pas inaperçu pour ceux qui traversent quotidiennement les ruelles de la vieille ville. Les maisons tombées en ruine sont devenues de véritables décharges qui donnent une mauvaise image à cette partie du Vieux rocher qui représente toute l’histoire et le patrimoine de la ville.

Déjà dans la partie basse de Souika, on ne trouve plus les mots pour décrire ce qui passe au niveau du lieudit le Remblai, situé en contrebas du pont Sidi Rached. Non loin de là et précisément à la rue Abdellah Bey, dans le vieux quartier d’Essayeda, c’est un triste décor qui s’offre aux yeux dans la bâtisse, dite Dar Bendali, située en face de la mosquée de Sidi Moghrof, où des échafaudages ont été installés depuis 2008 pour une opération de réhabilitation qui n’a jamais été réalisée.

«C’est désolant de voir que cette maison qui a vu naitre l’illustre imam Benbadis, devenir une décharge, avec en plus le risque d’effondrement qui menace les riverains et les commerçants», nous dira un habitant. Le phénomène qui dure depuis plusieurs années semble se banaliser, au vu de l’indifférence affichée par les autorités de la ville, mais aussi l’incivisme condamnable de certains citoyens, insoucieux de la propreté de leur quartier. C’est le cas de plusieurs maisons qui se sont effondrées dans le quartier de la Casbah.

En plus des saletés qui s’y amoncellent, et qui n’ont jamais été ramassées par les services de collecte des ordures de la commune, ces lieux sont devenus des aires de jeu risquées pour des enfants innocents. Chose que nous avons pu vérifier à la rue Staifi Amar, située en contrebas de la caserne de la Casbah, mais aussi dans d’autres quartiers de la ville, comme Aouinet El Foul, la rue des Maquisards et la rue Kitouni Abdelmalek.

Mais, finalement oserons nous faire visiter ces lieux aux invités de la ville lors de la manifestation culturelle de 2015, qui aura lieu dans quelques mois ? La question mérite bien d’être posée surtout que de nombreux étrangers qui ont eu l’occasion de visiter Constantine, ces derniers temps, se sont dits étonnés de voir dans quel état se trouve la ville.

Instantané : élus pyromanes

                       constantine_2476394                     Par

Nouri Nesrouche (Quotidien El Watan le 23/12/20124)

Le maire de Constantine (Seifeddine Rihani pour ceux nombreux qui ne le connaissent pas) préfère jouer avec des manettes. C’est l’impression qu’il donne en tout cas compte tenu de ses nombreuses décisions de nominations-mutations-révocations de responsables au sein des services de la commune.

Il y a quelques jours, c’est le directeur du service de l’urbanisme qui a fait les frais des desideratas du maire, alors qu’il n’a pas bouclé six mois au poste. Cette instabilité a généré une dégradation sans précèdent de la qualité de vie dans la ville. L’APC menée par Rihani vient de boucler deux ans d’un mandat qualifié unanimement du pire que la ville n’est jamais connue.

Deux années de non-gouvernance, qu’on doit au FLN et qui mène Constantine droit dans le mur. La population est au bord de l’explosion et pour cause : Constantine est la seule wilaya peut être à n’avoir pas distribué à temps  les quotas de logements promis par le gouvernement. Les canaux de communication et de dialogue sont rompus, et entre-temps le foncier est dilapidé, le tissu urbain est massacré, des poches et des espaces verts sont détournés dans les quartiers intéressants au profit d’affairistes et de proches des responsables, des magistrats et des militaires.

Au quotidien, les constantinois souffrent l’injustice et la hogra devant les guichets de l’administration, l’enfer des bouchons, l’insignifiance du transport en commun, les routes dégradés, leurs quartiers non aménagés, l’eau qui coule partout et les chantiers qui n’en finissent pas avec leur lot quotidien de désagréments.

Selon les rapports lus pendant la dernière session de l’APW, seulement 3% des projets communaux ont été réalisés dans le cadre du quinquennat 2010/2014. Le sort des 97% restant vous l’avez deviné. Ces projets sont otages des bureaux de la commune et avec eux 7 milliards de dinars non consommés.

Le wali a menacé de retirer les projets à cette assemblée, mais est-ce suffisant ?  La médiocrité et l’irresponsabilité dont font preuve ces mauvais élus fait craindre le pire. Ni eux ni le parti qui les a créé, le FLN, ne semblent capables de lucidité pour comprendre qu’ils risquent d’allumer la mèche du désespoir. Dégagez-les avant qu’il ne soit trop tard.

 (Lire l’article à la source : http://www.elwatan.com/regions/est/constantine/instantane-elus-pyromanes-22-12-2014-282422_129.php)

Ça traîne à la vieille ville.

constantine_2036472_465x348p

                 Par :

          Arslan Selmane 

       (El Watan 20/02/14)

De nombreuses bâtisses et sites, programmés pour être réhabilités, sont encore occupés par des familles et des commerçants, alors que l’entame des travaux est prévue pour le 28 février en cours.

Fixée pour le 28 du mois en cours, l’installation des chantiers en vue d’entamer les travaux de réhabilitation de plusieurs sites à la vieille ville de Constantine risque de connaître des retards, en raison des difficultés qui persistent notamment en ce qui concerne l’évacuation des habitations et des commerces. «Nous sommes confrontés à un véritable problème, surtout que les maisons et la plupart des sites programmés pour la réhabilitation sont encore habités par des familles ou occupés par des locataires notamment les commerçants et les artisans, ce qui nous empêche d’envisager l’installation des chantiers, en plus de tout cela, même les entreprises qui devaient commencer à travailler avec nous n’ont même pas été désignées à ce jour», nous déclare le responsable d’un bureau d’études.

Parmi les nombreux bureaux études concernés par cette opération, l’on craint déjà que ces contraintes vont faire traîner les travaux, alors que des engagements ont été signés avec le ministère de la Culture pour le respect des délais, fixés pour certains lieux pour le mois de février 2015. «Comment veut-on respecter les délais, alors que rien n’a été fait pour dégager les lieux et évacuer les familles et les commerces», nous dira notre interlocuteur. Pour rappel, et lors d’une réunion avec l’exécutif et l’APC de Constantine, le wali de Constantine, Hocine Ouadah, avait insisté auprès des services concernés pour prévoir le relogement de 175 familles, afin de permettre de libérer les bâtisses choisies pour la réhabilitation. Toutefois, un problème délicat se pose pour les commerçants et les artisans qu’il faut délocaliser tout en leur assurant des locaux provisoires pour l’exercice de leurs activités. Un problème qui demeure encore posé en l’absence d’initiatives pour le moment.

Pour rappel, et lors d’une rencontre présidée le 23 janvier dernier par la ministre de la Culture, Khalida Toumi, au siège de la wilaya de Daksi, le directeur général de l’office national de gestion des biens culturels protégés avait soulevé le problème des sites habités ou occupés par les commerçants, et qu’il fallait prendre toutes les mesures pour permettre l’installation des entreprises dans les délais, surtout que ces travaux vont provoquer un grand chamboulement dans la vieille ville. Dans l’attente, et selon des sources bien informées, ce problème sera exposé à la ministre de la Culture lors de sa prochaine visite à Constantine prévue demain jeudi.

Notons que parmi les projets retenus pour la manifestation de Constantine capitale de la culture, il a été retenu la réhabilitation des sites patrimoniaux localisés en grande partie à la vieille ville, et répartis en cinq zones, pour un montant global de 7,5 milliards de dinars.